
Guide complet du financement immobilier conforme
Tout ce que vous devez savoir sur le financement immobilier conforme : conditions, démarches, avantages et pièges à éviter.
À retenir
Le riba dans le Coran est interdit en quatre étapes, de la sourate Ar-Rûm (30:39) à la sourate Al-Baqara (2:275-281), et sa punition est l'une des plus lourdes du Coran : une guerre déclarée par Dieu et Son Messager (2:279), à laquelle les hadiths ajoutent la malédiction de toutes les parties.
En arabe, riba (ربا) signifie l'accroissement : c'est la définition d'al-Qurtubi sous le verset 2:275. Dans l'usage de la Loi, le mot désigne le surplus qu'une dette prend avec le temps et l'inégalité dans l'échange de certains biens de même nature. Muhammad Hamidullah le rend selon les versets par « usure », « intérêt » ou « intérêt usuraire » ; nous gardons « riba », qu'aucun des trois ne recouvre.
En droit français, l'intérêt est licite ; seul le dépassement d'un seuil est réprimé : l'article L. 314-6 du code de la consommation qualifie d'usuraire le prêt dont le taux effectif global dépasse de plus du tiers le taux moyen du trimestre précédent ; la Banque de France publie ces seuils chaque trimestre. En dessous, le prêt est légal, mais il reste du riba au sens des textes qui suivent : dans le Coran, le riba ne se mesure pas à un seuil.
La position. L'avis retenu chez 570easi est celui de notre comité de conformité, Cheikh Mohammad Patel et Cheikh Mohamed Bechir Ould Sass : le riba visé par le Coran est tout surplus stipulé sur un prêt, aussi faible soit-il, et non le seul « intérêt excessif ». La résolution n° 10 de l'Académie internationale de fiqh islamique (Djeddah, 1985) tient de même pour du riba interdit l'intérêt stipulé dès la conclusion d'un prêt et l'augmentation exigée pour un report d'échéance. Un avis divergent, contemporain et minoritaire, soutient que le Coran ne viserait que le prêt « à doublements » de l'époque préislamique ; il n'est pas retenu chez 570easi.
La tradition exégétique présente l'interdiction comme progressive : un verset mecquois de réprobation, puis trois passages médinois, jusqu'à l'interdiction totale. Pour chaque verset : l'arabe, la traduction de Muhammad Hamidullah publiée sur quran.com, puis le sens d'après Ibn Kathir et al-Qurtubi.
وَمَا آتَيْتُم مِّن رِّبًا لِّيَرْبُوَ فِي أَمْوَالِ النَّاسِ فَلَا يَرْبُو عِندَ اللَّهِ ۖ وَمَا آتَيْتُم مِّن زَكَاةٍ تُرِيدُونَ وَجْهَ اللَّهِ فَأُولَٰئِكَ هُمُ الْمُضْعِفُونَ
« Tout ce que vous donnerez à usure pour augmenter vos biens au dépens des biens d'autrui ne les accroît pas auprès d'Allah, mais ce que vous donnez comme l'aumône (Az-Zakât), tout en cherchant la Face d'Allah... Ceux-là verront [leurs récompenses] multipliées. » (Coran 30:39)
Ce verset mecquois ne prononce pas encore d'interdit : il oppose le surplus pris sur le bien des autres, qui ne croît pas auprès de Dieu, à la zakat, qui est multipliée.
وَأَخْذِهِمُ الرِّبَا وَقَدْ نُهُوا عَنْهُ وَأَكْلِهِمْ أَمْوَالَ النَّاسِ بِالْبَاطِلِ ۚ وَأَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ مِنْهُمْ عَذَابًا أَلِيمًا
« […] et à cause de ce qu'ils prennent l'intérêt, qui leur était pourtant interdit, et parce qu'ils mangent illégalement les biens des gens. A ceux d'entre eux qui sont mécréants Nous avons préparé un châtiment douloureux. » (Coran 4:161)
L'interdit existait donc déjà pour les gens du Livre ; ceux qui l'ont contourné par des ruses, écrit Ibn Kathir, ont dévoré injustement le bien des gens. Le contourner par un montage ne change rien au jugement.
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَا تَأْكُلُوا الرِّبَا أَضْعَافًا مُّضَاعَفَةً ۖ وَاتَّقُوا اللَّهَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ
« Ô les croyants ! Ne pratiquez pas l'usure en multipliant démesurément votre capital. Et craignez Allah afin que vous réussissiez ! » (Coran 3:130)
Ibn Kathir décrit la pratique visée : à l'échéance, le créancier disait « paie maintenant, ou la dette augmente », et le report se répétait jusqu'à multiplier le petit capital. L'avis retenu chez 570easi est celui de Cheikh Mohammad Patel, membre de notre comité de conformité, qui l'a écrit en avril 2024 : lire ici « seul l'intérêt excessif est interdit » est une erreur d'interprétation, la formule est une description emphatique et non une limite. Il rappelle que l'imam Abû Hanîfa tenait ce passage pour le plus effrayant du Coran, cite le Mufti Taqi Usmani dans le même sens et conclut que le seul droit du créancier est le remboursement du principal.
Ces versets, parmi les derniers révélés, précèdent le verset de la dette (2:282) : le Coran encadre la dette, il ne la bannit pas (lire Anass Patel, Vivre comme des frères, faire des transactions comme des étrangers).
الَّذِينَ يَأْكُلُونَ الرِّبَا لَا يَقُومُونَ إِلَّا كَمَا يَقُومُ الَّذِي يَتَخَبَّطُهُ الشَّيْطَانُ مِنَ الْمَسِّ ۚ ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمْ قَالُوا إِنَّمَا الْبَيْعُ مِثْلُ الرِّبَا ۗ وَأَحَلَّ اللَّهُ الْبَيْعَ وَحَرَّمَ الرِّبَا ۚ فَمَن جَاءَهُ مَوْعِظَةٌ مِّن رَّبِّهِ فَانتَهَىٰ فَلَهُ مَا سَلَفَ وَأَمْرُهُ إِلَى اللَّهِ ۖ وَمَنْ عَادَ فَأُولَٰئِكَ أَصْحَابُ النَّارِ ۖ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ
« Ceux qui mangent [pratiquent] de l'intérêt usuraire ne se tiendront (au jour du Jugement Dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu'ils disent : "Le commerce est tout à fait comme l'intérêt." Alors qu'Allah a rendu licite le commerce, et illicite l'intérêt. Celui, donc, qui cesse dès que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu'il a acquis auparavant ; et son affaire dépend d'Allah. Mais quiconque récidive... alors les voilà, les gens du Feu ! Ils y demeureront éternellement. » (Coran 2:275). Le verset sépare le commerce du riba ; Ikramah Badate présente les formes du riba et leurs effets économiques dans Zoom sur le riba.
يَمْحَقُ اللَّهُ الرِّبَا وَيُرْبِي الصَّدَقَاتِ ۗ وَاللَّهُ لَا يُحِبُّ كُلَّ كَفَّارٍ أَثِيمٍ
« Allah anéantit l'intérêt usuraire et fait fructifier les aumônes. Et Allah n'aime pas le mécréant pécheur. » (Coran 2:276)
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَذَرُوا مَا بَقِيَ مِنَ الرِّبَا إِن كُنتُم مُّؤْمِنِينَ
« Ô les croyants ! Craignez Allah ; et renoncez au reliquat de l'intérêt usuraire, si vous êtes croyants. » (Coran 2:278). Révélé, rapporte Ibn Kathir, pour des créances à intérêt héritées d'avant l'islam.
فَإِن لَّمْ تَفْعَلُوا فَأْذَنُوا بِحَرْبٍ مِّنَ اللَّهِ وَرَسُولِهِ ۖ وَإِن تُبْتُمْ فَلَكُمْ رُءُوسُ أَمْوَالِكُمْ لَا تَظْلِمُونَ وَلَا تُظْلَمُونَ
« Et si vous ne le faites pas, alors recevez l'annonce d'une guerre de la part d'Allah et de Son Messager. Et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés. » (Coran 2:279). Anass Patel, fondateur de 570easi, lit dans la formule finale une règle d'équilibre : « L'injustice du riba peut frapper des deux côtés. »
وَإِن كَانَ ذُو عُسْرَةٍ فَنَظِرَةٌ إِلَىٰ مَيْسَرَةٍ ۚ وَأَن تَصَدَّقُوا خَيْرٌ لَّكُمْ ۖ إِن كُنتُمْ تَعْلَمُونَ
« A celui qui est dans la gêne, accordez un sursis jusqu'à ce qu'il soit dans l'aisance. Mais il est mieux pour vous de faire remise de la dette par charité ! Si vous saviez ! » (Coran 2:280). Le débiteur en difficulté obtient un délai, jamais une majoration : la norme n° 3 de l'AAOIFI, consacrée au débiteur défaillant, interdit en son point 2/1/2 de stipuler toute compensation financière pour un retard.
| Étape | Sourate et verset | Période | Ce que le verset dit | Ce qu'il ajoute |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Ar-Rûm, 30:39 | La Mecque | Le surplus pris sur le bien d'autrui « n'accroît pas auprès d'Allah » | Réprobation ; le riba opposé à la zakat |
| 2 | An-Nisâ', 4:160-161 | Médine | Les gens du Livre prenaient le riba « qui leur était pourtant interdit » | L'interdit est ancien ; le contourner ne change rien |
| 3 | Âl 'Imrân, 3:130 | Médine, après Uhud | « Ne pratiquez pas l'usure en multipliant démesurément votre capital » | Première interdiction adressée aux croyants |
| 4 | Al-Baqara, 2:275-281 | Médine, parmi les derniers versets | Commerce licite, riba illicite ; abandon du reliquat ; guerre ; capital rendu au repenti ; sursis au débiteur | Interdiction complète, sanction, repentir |
Comment lire les références. Numérotation de sunnah.com (édition Darussalam ; 'Abd al-Bâqî pour Muslim). Les hadiths des deux Sahih sont tenus pour authentiques (sahih) ; pour les autres, nous donnons le degré de l'édition.
D'après Abû Hurayra, le Prophète a dit : « Évitez les sept péchés destructeurs : associer quelque chose à Allah, la sorcellerie, tuer une âme qu'Allah a rendue sacrée sauf à bon droit, consommer le bien de l'orphelin, consommer le riba, fuir le jour du combat, et calomnier les femmes chastes, croyantes et innocentes. » (Sahih Muslim, n° 89 ; même hadith chez al-Bukhari, n° 2766 et n° 6857). Al-Qurtubi écrit sous 2:279 que le riba est un péché majeur « sans divergence ».
لَعَنَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ آكِلَ الرِّبَا وَمُوكِلَهُ وَكَاتِبَهُ وَشَاهِدَيْهِ وَقَالَ هُمْ سَوَاءٌ
D'après Jâbir : « Le Messager d'Allah a maudit celui qui consomme le riba, celui qui le fait consommer, celui qui l'écrit et ses deux témoins, et il a dit : ils sont tous égaux. » (Sahih Muslim, n° 1598 ; version d'Ibn Mas'ûd chez at-Tirmidhi, n° 1206, hasan sahih). Traduction de cette version par Cheikh Mohammad Patel (finance-muslim.com) : « Le Messager d'Allah a maudit celui qui se nourrit du ribâ, celui qui en donne à consommer, les deux témoins ainsi que celui qui rédige. » Le riba n'est donc pas le péché du seul prêteur : le Prophète a interdit de recevoir comme de donner le riba (Sahih al-Bukhari, n° 2086).
D'après Samura ibn Jundab, le Prophète vit en songe un homme dans un fleuve de sang, qu'un autre, sur la rive, renvoyait en lui jetant une pierre dans la bouche chaque fois qu'il voulait sortir : c'était celui qui consommait le riba (Sahih al-Bukhari, n° 2085). Ibn Kathir rattache ce récit au verset 2:275.
الرِّبَا سَبْعُونَ حُوبًا أَيْسَرُهَا أَنْ يَنْكِحَ الرَّجُلُ أُمَّهُ
D'après Abû Hurayra : « Le riba comporte soixante-dix degrés, dont le moindre est comme si un homme épousait sa mère. » (Sunan Ibn Mâjah, n° 2274, hasan selon l'édition Darussalam ; le n° 2275 (hasan) dit « soixante-treize portes »). Chez 570easi, nous fondons l'interdiction sur les versets et les deux Sahih, qui suffisent.
Du même chapitre : « Nul ne multiplie le riba sans que son affaire finisse dans le peu » (Sunan Ibn Mâjah, n° 2279, sahih), en écho au verset 2:276. Le hadith de « la poussière », qui annonce un temps où celui qui ne consomme pas le riba « sera atteint par sa poussière » (n° 2278 ; Abû Dâwûd, n° 3331), et celui des ventres pleins de serpents (n° 2273) sont classés faibles (da'îf) par l'édition Darussalam et, pour Abû Dâwûd, par al-Albânî : nous les donnons pour leur sens, non comme preuves.
D'après 'Ubâda ibn as-Sâmit : « L'or contre l'or, l'argent contre l'argent, le blé contre le blé, l'orge contre l'orge, les dattes contre les dattes, le sel contre le sel : même quantité pour même quantité, de la main à la main. Si ces catégories diffèrent, vendez comme vous voulez, pourvu que ce soit de la main à la main. » (Sahih Muslim, n° 1587). Bilâl avait échangé deux mesures de dattes ordinaires contre une mesure de meilleure qualité (Sahih al-Bukhari, n° 2312 ; Sahih Muslim, n° 1594a). Le Prophète lui indiqua la voie licite :
« C'est le riba même ! Vends tes dattes contre des pièces, puis achète les autres avec les pièces. »
Al-Qurtubi cite l'imam Mâlik : ayant parcouru le Livre et la Sunna, il n'avait rien trouvé de pire que le riba, « car Allah y a autorisé la guerre ».
| Ce que le texte annonce | Texte | Référence |
|---|---|---|
| Guerre déclarée par Dieu et Son Messager | « recevez l'annonce d'une guerre de la part d'Allah et de Son Messager » | Coran 2:279 |
| Vision du châtiment | l'homme dans le fleuve de sang, qui reçoit des pierres | Bukhari 2085 |
| Sort au Jour du Jugement ; le Feu pour qui récidive | se lever « comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé » ; « les voilà, les gens du Feu ! » | Coran 2:275 |
| Anéantissement du bien | « Allah anéantit l'intérêt usuraire » ; « ne les accroît pas auprès d'Allah » ; « finit dans le peu » | Coran 2:276 ; 30:39 ; Ibn Mâjah 2279 |
| Péché destructeur, majeur | parmi les « sept péchés destructeurs » | Bukhari 2766 ; Muslim 89 |
| Malédiction de toutes les parties | preneur, payeur, scribe, deux témoins, « tous égaux » | Muslim 1598 ; Tirmidhi 1206 |
| Repentir | « si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux » ; « peut conserver ce qu'il a acquis auparavant » | Coran 2:279 ; 2:275 |
Celui qui se repent recouvre son capital, ni plus ni moins (2:279), abandonne le reliquat des créances en cours (2:278) et n'a pas à restituer le riba perçu et dépensé avant que l'interdit lui soit parvenu (2:275) ; ce qui reste entre ses mains relève de la conduite décrite plus bas. Aujourd'hui, celui qui a prêté ne réclame que son capital ; celui qui rembourse un crédit à intérêt en cours ne l'interrompt pas de lui-même : il en parle d'abord à un conseiller.
Les juristes ont tiré des textes deux catégories, qu'al-Qurtubi nomme sous 2:275 : l'interdiction du délai (an-nasâ') et celle de l'inégalité (at-tafâdul) ; la pratique des Arabes, « tu paies ou tu augmentes ? », est interdite, ajoute-t-il, « par accord de la communauté ».
« Le riba des dettes (riba al-nasī'a). C'est le riba visé en premier par le Coran : une dette qui grossit avec le temps. »
La définition opératoire est celle de la norme n° 19 de l'AAOIFI, consacrée au prêt (qard) : son point 4/1 prescrit que tout excédent stipulé au profit du prêteur est du riba, quelle qu'en soit la forme, qu'il soit convenu à la signature ou pendant un retard. Dans la vie courante : intérêts d'un prêt, agios, crédit renouvelable, pénalités de retard proportionnelles, coupon d'une obligation, rémunération d'un compte à terme ou d'un livret, que l'intérêt soit fixe ou variable, simple ou composé (La finance sans riba).
« Dès le premier centime d'intérêt perçu, nous entrons dans le domaine du riba. »
La vente à prix différé n'entre pas dans cette catégorie (« Allah a rendu licite le commerce »). La résolution n° 64 de l'Académie (1992) la tient pour licite même au-dessus du prix comptant, et la norme n° 8 de l'AAOIFI impose à la Murabaha un prix et une marge connus à la signature, sans aucun supplément ensuite (points 4/6 et 4/8). Sur le paiement en plusieurs fois, lire Anass Patel : Paiement en plusieurs fois sans frais, est-ce licite ?
Fondé sur les hadiths des six biens et de Bilâl, le riba al-fadl interdit d'échanger de l'or contre plus d'or, des dattes contre plus de dattes ; les échanger avec un délai relève du riba du délai : « ne vendez pas ce qui est absent contre ce qui est présent » (Sahih Muslim, n° 1584a). Les écoles (hanafite, malikite, chaféite, hanbalite) ont étendu la liste selon la cause qu'elles y lisent, que Cheikh Mohammad Patel résume dans une réponse de 2010. L'avis retenu chez 570easi applique la règle aux monnaies : l'or et l'argent s'échangent au comptant, un même métal à égalité, et les devises, par analogie, au comptant. Anass Patel en donne l'application : « chez le bijoutier, on ne “reprend” pas 30 grammes d'or ancien contre 20 grammes d'or neuf ; on vend, puis on achète ».
Anass Patel résume la règle en une phrase dans Le riba expliqué autrement : le riba est « un rendement dont la seule cause est le temps qui passe » sur un capital qui ne peut pas perdre.
Le mécanisme visé par 3:130 se voit dans les chiffres : doublée à chaque report, une dette de 10 000 atteint 160 000 après quatre échéances. La forme moderne est l'intérêt composé, à des taux plus bas ; le mouvement est le même. Calculs de la rédaction, sur des taux publics, sans produit particulier en vue.
| 10 000 € placés ou dus | Taux annuel (référence publique) | Après 10 ans | Après 20 ans |
|---|---|---|---|
| Livret réglementé | 1,7 % (Livret A au 1ᵉʳ août 2026) | 11 836 € | 14 009 € |
| Crédit de trésorerie de plus de 6 000 €, au seuil de l'usure | 8,56 % (seuil au 1ᵉʳ octobre 2026) | 22 735 € | 51 689 € |
| Crédit immobilier de 200 000 € sur 20 ans | 4,05 % (taux moyen T3 2026) / 5,40 % (seuil de l'usure) | 92 137 € / 127 481 € d'intérêts au total | |
Taux publics : sources en fin d'article. Aucune de ces lignes ne dépasse le seuil de l'usure : le droit français les admet toutes ; les textes lus plus haut les visent toutes.
Le même raisonnement condamne les montages qui reconstituent le prêt à intérêt par deux ventes, comme le tawarruq organisé (résolution n° 179 de l'Académie, 2009). Cheikh Mohammad Patel distingue la ruse illicite (hîla muharrama) de l'issue légitime (makhraj shar'î) : une Murabaha réelle, sous le contrôle de savants compétents, relève de la seconde.
Du texte à votre projet
Le simulateur immobilier compare votre projet à un crédit classique en douze étapes ; vous pouvez ensuite prendre rendez-vous avec un conseiller.
Simuler un financement sans riba Prendre rendez-vous avec un conseillerPour un épargnant qui vit en France, la règle a trois applications. Notre comité de conformité statue sur chaque solution ; un audit indépendant annuel (bureaux ADEPE et IFAAS) en vérifie le maintien (page Conformité).
Pour le surplus déjà encaissé sur un livret, un compte rémunéré ou un ancien contrat en fonds en euros, l'avis retenu chez 570easi est celui de Cheikh Mohammad Patel, membre de notre comité de conformité, formulé dès 2009 d'après Yûsuf al-Qaradâwî et d'autres savants : il reste « strictement interdit de faire usage des intérêts ainsi obtenus pour soi » ; on ne les laisse pas à la banque non plus ; on les donne aux pauvres ou à des œuvres, sans intention de récompense.
« [L]e riba ne se purifie pas par le don. L'argent gagné illicitement doit être redistribué, certes, mais la source du problème reste entière. »
Le cas du Livret A est traité dans Livret A : haram ou pas, et que faire des intérêts perçus ? ; le fonds en euros, qui garantit le capital et un rendement, relève de la même catégorie (ce qui rend un contrat conforme).
La finance islamique remplace le prêt d'argent par une vente (2:275). Dans une Murabaha immobilière, la banque partenaire achète le bien que vous avez choisi, en devient propriétaire, puis vous le revend à un prix fixé une fois pour toutes, payable en mensualités ; la dette n'augmente jamais, même en cas de retard. Notre page Comprendre la Mourabaha le résume : « La marge est une rémunération de vente, pas un loyer de l'argent. Elle ne fructifie pas avec le temps. » Mécanisme, conditions et coût face à un crédit classique : Crédit islamique, crédit halal : comment ça marche en France ; notre financement immobilier couvre la résidence principale comme le locatif. Un achat immobilier, quel que soit son financement, expose à un risque de perte en capital.
La règle « pas de gain sans exposition à la perte » (al-ghurm bil-ghunm) exclut tout rendement né du seul écoulement du temps et admet le placement dans un actif réel dont on porte les aléas, pourvu que l'activité financée soit licite, comme pour l'immobilier locatif. Les quatre familles proposées via 570easi suivent ce principe : la SCPI, société qui détient des immeubles loués, acquis sans recours à l'emprunt, et dont vous détenez des parts ; l'assurance vie, un contrat d'épargne en unités de compte investies sur des titres et des actifs réels filtrés, sans fonds en euros ni aucune autre forme de garantie ; le PER, composé des mêmes supports d'investissement, bloqué jusqu'à la retraite sauf déblocage anticipé ; le groupement forestier (GFI), société qui détient des forêts françaises gérées durablement et dont vous détenez des parts. Tout placement en parts ou en unités de compte présente un risque de perte en capital : c'est ce risque qui rend le gain légitime. Vos droits selon le véhicule : Épargner sans riba : quels sont vos droits selon le véhicule d'investissement ?, d'Anass Patel. La zakat, que 30:39 opposait au riba, reste due sur l'épargne qui atteint le nissab (notre méthode de calcul, la zakat des placements).
Financer mon logement sans riba
Résidence principale, investissement locatif ou local professionnel : la Murabaha, ses conditions et son simulateur, sur la page Devenir propriétaire sans riba.
Simuler mon projet en MurabahaPlacer mon épargne sans riba
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Trouver le placement adapté à mon projetQuatre passages, dans l'ordre de la révélation : Ar-Rûm 30:39, An-Nisâ' 4:160-161, Âl 'Imrân 3:130 et Al-Baqara 2:275-281, le plus complet : interdiction, sanction et repentir.
Le verset 279 de la sourate Al-Baqara annonce à celui qui ne renonce pas au riba « une guerre de la part d'Allah et de Son Messager », puis fixe la sortie : « si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux », sans surplus.
Une guerre déclarée par Dieu et Son Messager (2:279), l'anéantissement du bien (2:276) et, au Jour du Jugement, le Feu pour qui récidive après avoir su (2:275). Les hadiths y ajoutent la malédiction de toutes les parties (Muslim 1598).
Les sept péchés destructeurs (n° 2766 et 6857), le songe du fleuve de sang (n° 2085), l'interdiction de recevoir comme de donner le riba (n° 2086) et les dattes de Bilâl (n° 2312). La malédiction des parties est chez Muslim (n° 1598).
Ibn Mâjah le rapporte (n° 2274) et l'édition Darussalam le classe hasan (bon), un degré au-dessous des deux Sahih : il se cite avec ce degré. L'interdiction repose, elle, sur le Coran et les deux Sahih.
Non : l'avis retenu chez 570easi, celui de Cheikh Mohammad Patel, membre de notre comité de conformité, est que le verset 3:130 décrit l'accroissement « multiplié » sans le poser comme condition : tout surplus stipulé sur un prêt est du riba. L'usure du droit français n'est qu'un seuil légal.
Ne pas les utiliser pour soi, ne pas les laisser à la banque, les donner aux pauvres ou à des œuvres sans intention de récompense : c'est l'avis retenu chez 570easi, celui de Cheikh Mohammad Patel, membre de notre comité de conformité. Ce don ne rend pas le placement licite pour la suite : la source doit changer.
Cet article est une information générale ; il ne constitue ni un conseil personnalisé ni un avis religieux individuel. Les positions religieuses énoncées sont celles retenues par le comité de conformité de 570easi, nommées dans le texte ; les traductions des versets sont celles de Muhammad Hamidullah, celles des hadiths sont établies par la rédaction d'après le texte arabe et sa traduction anglaise de référence, sauf celle de Cheikh Mohammad Patel, citée comme telle. Tout placement en parts ou en unités de compte présente un risque de perte en capital ; un achat immobilier, quel que soit son financement, expose au même risque. Les taux publics cités (Livret A, seuils de l'usure, taux moyens) sont ceux en vigueur au 23 septembre 2026. 570easi est une marque de ConexCap Finance SAS, intermédiaire immatriculé à l'ORIAS sous le n° 11063271.
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